Les moeurs du monde du Travail changent et l’exploitation , si elle devient un terme quasi obsolète, sait aussi se transformer, au lieu de s’amoindrir . L’individu semblant se couronner lui-même et prendre le pas sur des structures collectives antérieures ayant sur lui droit de vie et de mort , au fur et à mesure de l’avènement des doctrines PNL (programmation neuro linguistique) ayant pour ambition de faire lui, non plus un sujet de droit et d’obligation, mais un « objet connecté » à la personnalité juridique bien plus vacillante qu’en des époques révolues . Sa capacité à changer d’employeur s’est démultipliée par le biais du développement des sciences coognitives, mais point sa confiance en un avenir devenu on ne peut plus incertain, sous la férule de nouvelles idéologies « prônant » son libre arbitre au centre de tout mais entrainant l’extinction totale de son libre arbitre
Le travailleur n’est plus, le voici devenu « collaborateur » avec ce que ceci implique de complicité nouvelle avec un ordre existant « renouvelé » dont l’exigence de proximité n’a d’égale que la virulence en terme de soumission intérieure . Ce monde a bel et bien muté et il ne ressemble en rien à celui qui fut celui de l’enfance de la génération ayant aujourd’hui cinquante ou soixante ans . L’ordre capitaliste a vécu et laisse la place à la « civilisation managériale », beaucoup plus dure sur le plan des moeurs, justement, les règles éternelles ayant volé en éclat sans en faire émerger de nouvelles . Le rapport capital travail est devenu un rapport entre la connaissance et la non connaissance, avec des notions en évolution permanente que plus aucune personne formée jeune ne peut saisir sur la durée. Bénie soit l’artificielle inintelligence, selon que vous soyez ou non dedans, dès le démarrage de votre carrière .
De multiples tâches sont en voie de disparition, à commencer par la saisie manuelle classique de données de production autrefois quotidiennes . Tout est désormais directement en ligne et exige une interprétation d’une extrème rapidité, sans forcément formation solide préalable, tout diplôme devenant « déclassé » et « déclassable » comme le reste . La responsabilité des gauches social démocrates europénnes et mondiales est donc unique, dans un tel contexte de mutation du monde du travail et de disparition de l’emploi salarié . Il faut que les socialistes aillent à la racine et fassent à nouveau « société », c’est à dire qu’ils entrent en profondeur en toutes ces mutations, au lieu de les vilipender à coup de slogans éculés . Ils ne pourront occuper le pouvoir sans faire corps avec la dynamique syndicale apte à leur faire comprendre l’intensité des changements en cours . La CFDT publie beaucoup sur le sujet et en sait toute la teneur . Le monde chrétien aussi, notamment la revue « ESPRIT ». A l’heure où le candidat LR affirme la nécessité de travailler davantage dans la semaine pour « mériter » un quatorzième mois, l’urgence, du côté social démocrate, est sans doute de mobiliser sur la formation à l’IA, angle mort absolu du discours tenu hier par celui qui est on ne peut plus présidentiable, monsieur Bruno Retailleau, mais qui semble ignorer les mutations qui viennent et desquelles les guerres au Moyen Orient et en Ukraine ne sont pas absentes, au nom de la maîtrise du semi conducteur et des métaux rares . Aux sociaux democrates de le lui expliquer, comme le débat démocratique l’exige .

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