Le camarade Gino a quitté ce monde le 8 mars, jour de l’hommage aux femmes du monde entier , lui le vivant et le penseur . En ce samedi matin de printemps, je lui dédie ces lignes, ainsi qu’à son épouse et à ses deux enfants . L’époque MRC Chevènement me remonte en mémoire intensément . Je fus au fond bien plus ”Tognolliste” que ”Chevènementiste” alors que d’autres se voulaient, selon ses dires humoristiques, plus ”Chevènementistes ” que Chevènement lui même . Je me souviens d’un militant exceptionnel. D’une générosité immense, avant les déceptions logiques ’’à ce stade de la compétition’’, comme disent les sportifs. Je n’oublierai jamais la profondeur de son engagement, autant que sa liberté de ton. Bien plus homme de terrain qu’idéologue sans ouverture . Convaincu par la nécessité d’une humanité forte dans ce type d’engagement. Conscient des limites intellectuelle telles de leaders n’ayant souvent de leader que l’apparence . Nous sommes et resterons une cabine téléphonique . Nous avons défendu un projet qui fut avant tout fruit de nos rêves plutôt que des intentions réelles de ceux qui avaient prétention à incarner la ’’drauche”.
Le compromis social démocrate étant au fond la conséquence logique de tant de chapelles et de tant de divisions . Le seul à pouvoir incarner autre chose que la ’’cabine télephonique”, à l’unique condition d’un appui populaire fort et de racines républicaines intraitables . Mais aussi d’une culture humaniste forte et de références incessantes au savoir universel, plutôt qu’au règne de l’argent, plutôt qu’à la loi du plus malin. Gino était autodidacte, mais vénérait la culture et l’écriture. Il avait publié beaucoup. Il savait conter autant que réfléchir. Il respectait les chrétiens engagés et avait sa croyance en l’homme , profonde, profonde.
Qu’il soit béni , à sa façon, entre la Marine, les Indiens d’Amérique et les santons de Provence. Mon souvenir et ma prière l’accompagnent à jamais, lui le Vosgien de Moyenmoutier. Vosgien dont il avait la fidélité et le sens du devoir . Autant que l’humour proverbial empli de sagesse ancestrale . Entre Fernandel et Marcel Pagnol . Toujours .

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