Il est vital de dire. Et d’écrire. Méfiez vous des faux prophètes, nous rappelle un certain monsieur que je nommerai intérieurement plus qu’ extérieurement. Les mots sont, en effet, de puissant guérisseurs et ont chacun une âme. Je me référe à eux depuis toujours, lorsque la pente se fait plus raide et que les perspectives sont sombres. Gosse né en 1970, à Rennes, j’ai vécu toute ma vie dans les Vosges, à Bulgnéville et à Vittel, sans oublier Contrexéville avec ma compagne Betty, sans laquelle aucune force ne pourrait jaillir de ces lignes. Elle est pour moi boussole absolue . Sans que je ne sois pour autant signataire du moindre parchemin . La liberté , c’est aussi une composante majeure de la vie , mais c’est la liberté de conscience , la liberté de penser, la liberté d’imaginer qui m’ont toujours semblé la façade majeure de ce que les philosophes nomment froidement ’’la liberté de conscience”.

Nous avons adhéré au Parti Socialiste en 2016 et avons quitté le navire début 2023, à savoir la rue qui fournit les cartes, mais absolument pas la maison dans sa globalité. La social démocratie reste l’un des fondements de notre vie . Chrétiens de gauche, nous le sommes , attachés à l’Église autant qu’au progrés social et à la Nation, sans en rajouter en quoi que ce soit sur le plan ’’identitaire”. La chrétienté de gauche est notre lieu de ressourcement majeur, lorsque la vie nous propose des carrefours. Notre conception de la République est d’autant plus forte qu’elle est ancrée dans une foi et dans une théologie, dans une philosophie, dans une recherche continuelle de la vérité, qui base tout sur l’autre et sa profondeur, plutôt que sur son étiquette. Dans son altérité, le non croyant est pour nous pilier majeur de notre engagement au service d’une société plus juste.

Ce blog sera rédigé chaque semaine sur cette ligne directrice . Il se fixe d’entrée des régles essentielles, à savoir le respect de l’humanité dans sa globalité et la recherche intellectuelle comme moteur du combat politique.  Un homme à qui je dois la vie, mon père, me disait en 1993, avoir conscience au plus haut point que les hommes passent et que les idées restent. Il livrait à l’époque un très dur combat. Il avait beaucoup subi. Mais, désormais, il avait compris. A quel point l’Idée Républicaine est majeure et, à sa façon, source d’avenir. Chef d’entreprise, il était aussi fin analyste de la vie politique .  Sans lui, point d’esprit caustique ni de liberté de ton, à sa façon, subtile , clairvoyante, pleine de bon sens paysan Breton.

Un autre homme, Michel Lambert, vicaire épiscopal des Vosges, soulignait fréquemment devant moi à quel point la centralité du débat démocratique était fondamentale. Il s’agaçait de mes fréquentations . Il me demandait plus de modération et d’intériorité. Il souriait en m’entendant évoquer les ’’nonistes” de Maastricht et me prédisait une fin difficile sur  cette base. Prêchant sans cesse pour l’Europe et une vision social chrétienne des choses, au nom d’un équilibre à trouver et d’une  pensée à asseoir.  il fut crucial .

Enfin, Christian Franqueville , maire de Bulgnéville depuis 1983  et député durant dix ans, sut canaliser à partir de 2016 toutes ces tentations identitaires évoquées plus haut , par ses conseils, ses récits, sa dimension humaine rare dans le milieu politique. Je lui dois aussi beaucoup. Il fut un guide majeur dans la compréhension de la  lente décomposition d’un parti de gouvernement , dans l’analyse selon laquelle  du neuf finirait par advenir, dans, aussi, la redécouverte de l’engagement associatif et échiquéen, dans une commune où les besoins de la jeunesse passent aussi par les 64 cases , facteur d’unité et de développement.

La semaine prochaine , nous évoquerons , au delà de ces figures  majeures de ce  combat idéologique, les idées, les propositions, les réflexions qui peuvent nourrir d’autres combattants,  d’autres compagnons de route . Le débat est ouvert.  La gauche et la France en ont besoin. Nous sommes au pied du mur. Nous ne pouvons pas laisser tomber . Même ”désencartés”, il nous faut bâtir la suite du siècle en cours , et avancer, cheminer, interroger . Bien amicalement à vous tous, chers lecteurs .

Perwanker, chrétien de gauche .

Laisser un commentaire